
Les mâles du grand murin ( Myotis myotis ), la plus grande espèce de chauve-souris indigène, rivalisent pour séduire les femelles, usant de vocalisations complexes et d'une patience remarquable. Une nouvelle étude du Museum für Naturkunde apporte un éclairage nouveau sur le comportement d'accouplement de ces chauves-souris et révèle que le grand murin pratique un système d'accouplement en arène (lek), une pratique rarement observée chez les chauves-souris. Ce système implique un groupe de mâles qui recherchent des partenaires ensemble, tout en se faisant concurrence.

Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Lisa Printz a observé le comportement de plus de 70 grands murins mâles dans six greniers d'église. Des schémas clairs sont apparus : les mâles occupent de petits perchoirs fréquemment utilisés dans le grenier et les défendent avec ténacité contre les autres mâles. Grâce à des vocalisations complexes et trilles, les mâles non seulement effraient leurs rivaux, mais courtisent également les femelles. Un tel groupe de mâles, qui cherchent ensemble une partenaire tout en étant en compétition, est appelé lek. « Nous avons pu documenter en détail pour la première fois que le grand murin possède un système de reproduction en lek, qui n'avait jusqu'à présent été observé que chez quelques espèces de chauves-souris », explique Lisa Printz.
Les mâles se montrent plus fidèles à leurs perchoirs dès juin. Jusqu'au pic de la saison des amours en août, à l'arrivée des femelles, une compétition intense s'installe entre eux, attendant patiemment un partenaire potentiel. À leur arrivée, il est particulièrement frappant de constater qu'elles semblent faire un choix avant même d'atterrir : elles volent spécifiquement vers l'un des mâles en quête de leur partenaire.
Le comportement de copulation lui-même est surprenant. Après que la femelle se soit posée près du mâle choisi, les animaux restent souvent tranquillement côte à côte pendant un certain temps avant l'accouplement. Dans de nombreux cas, le mâle entoure la femelle de ses ailes après l'accouplement, et tous deux se reposent ensuite en contact étroit avant de s'accoupler à nouveau. L'accouplement le plus long jamais documenté a duré plus de 34 heures. « Cet accouplement prolongé et la période de repos qui suit pourraient être une forme de " garde du partenaire " », suggère Mirjam Knörnschild du Musée d'histoire naturelle de Berlin. « Cela pourrait servir à assurer une reproduction réussie. »
Ces résultats ont également des implications directes pour la conservation de l'espèce, car les murins mâles font preuve d'une grande fidélité à leur site. La rénovation de bâtiments, comme les églises ou les monastères, pourrait donc avoir un impact significatif sur l'activité de reproduction. « Jusqu'à présent, la protection des dortoirs des mâles a souvent été négligée, car on suppose qu'ils sont plus flexibles », explique Lisa Printz. « Nos résultats montrent cependant que leurs dortoirs sont également utilisés de manière strictement saisonnière et sur plusieurs années. »
L'étude apporte non seulement des informations fondamentales sur le comportement reproducteur d'une espèce de chauve-souris indigène très répandue, mais appelle également à repenser la conservation pratique de l'espèce. Les auteurs préconisent de protéger à l'avenir les gîtes des mâles avec la même rigueur que les gîtes de nurserie ou les quartiers d'hiver, par exemple par des mesures de conservation et de protection ciblées.
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